Saisine n°34 - Seconde mastectomie comme alternative à la reconstruction mammaire - (en cours d’examen)

Saisine discutée

lors de la session plénière du 13 mars 2017

Rapporteur(s)

A définir

Membres du groupe de travail

COLIN-ARONOVICZ Michel; DABOUIS Gérard; ETEVE Christiane; LANTA Marie; OPPENHEIM Daniel

Descriptif saisine

Une patiente, Madame L, saisit le Comité éthique et cancer parce qu’elle est confrontée à ce qu’elle considère comme un défaut de prise en charge du cancer du sein. Madame L. a eu un tel cancer et a subi une mastectomie totale du sein gauche. Ayant choisi de ne pas faire de reconstruction mammaire, Madame L. préfère une mastectomie totale du sein droit. Il en va pour elle de son bien-être psychologique considéré comme nécessaire à la « guérison », et donc de sa santé. Or, Madame L apprend que la seconde mastectomie ne sera pas prise en charge par la sécurité sociale. Elle annonce vouloir quand même procéder à cette nouvelle opération, même si cela doit être intégralement à ses frais.
En effet, la prise en charge du cancer du sein intègre la reconstruction mammaire. Certaines femmes y ont recours, d’autres pas. Cette prise en charge a une visée esthétique, sociale et curative, tant physique que psychologique. Elle touche au rapport que la personne entretien à son propre corps, à l’image qu’elle a d’elle-même, à l’image qu’elle pense projeter, à l’image qu’elle projette effectivement. C’est également dans ces optiques que Madame L. souhaite une seconde mastectomie plutôt qu’une reconstruction mammaire. Et puisque la démarche est similaire, elle ne comprend pas que cette seconde intervention ne soit pas, au même titre qu’une reconstruction mammaire, prise en charge.
Plusieurs questions découlent de la demande exprimée par Madame L. Peut-on considérer une équivalence entre les deux procédures, et donc des conséquences similaires sur la prise en charge ? Est-il acceptable pour un médecin, comme soignant, de procéder à une seconde mastectomie, et donc à l’ablation d’un organe sain, pour des raisons de bien (mieux) être mental et physique, mais aussi pour des raisons préventives ? Quels enseignements en tirer sur les parcours de santé des personnes confrontées ou particulièrement à risques de cancers ?