Saisi de la situation d’une patiente atteinte d’un cancer en phase palliative avancée demandant à recevoir un traitement anticancéreux malgré un bénéfice attendu annoncé comme très faible, ainsi qu’un risque élevé d’effets indésirables, le Comité éthique et cancer s’est interrogé sur les obligations du médecin et les éventuelles limites du respect de l’autonomie du patient dans un tel contexte.
Le Comité rappelle que l’information du patient sur ses traitements constitue une exigence éthique et juridique. Informer le patient de l’existence d’un traitement ne signifie toutefois pas nécessairement que le médecin le considère comme indiqué ou le propose.
Les échanges ont mis en évidence des tensions entre plusieurs principes éthiques : respect de l’autonomie du patient, non-malfaisance, bienfaisance et justice. Ils n’ont pas permis de dégager une position consensuelle.
Pour une partie des membres du Comité, prescrire un traitement sans bénéfice attendu pour la santé du patient ne peut être justifié sur le plan éthique. Pour d’autres, certaines situations exceptionnelles peuvent conduire à envisager, dans des conditions clairement définies à l’avance, la poursuite ou l’initiation d’un traitement afin de prendre en compte la signification particulière que revêt cette demande pour le patient.
Le Comité souligne que, quelle que soit la position retenue, la qualité du dialogue, la collégialité de la décision, l’intégration des soins palliatifs et la continuité de l’accompagnement constituent des exigences essentielles.


