Complications aiguës pouvant mettre en jeu la vie d’un malade atteint d’un cancer : faut-il informer par anticipation ?
Saisine discutée
Une femme de 48 ans, en bon état général, suivie pour un cancer du poumon métastatique en cours de chimiothérapie palliative, est hospitalisée en urgence un dimanche pour une tamponnade cardiaque en rapport avec une progression tumorale. La patiente présente une gêne respiratoire importante, et une tachycardie, mais elle reste parfaitement consciente. Elle se demande ce qui lui arrive, mais ne manifeste pas une anxiété majeure.
Cette patiente n’avait jusqu’à présent pas été prévenue par son oncologue qu’elle pouvait présenter une complication d’une telle gravité. Une fois le diagnostic de celle-ci établi, la patiente est informée des modalités de prise en charge qui vont être mises en œuvre, mais également que son pronostic vital est engagé. Cette information, à laquelle la patiente ne s’attendait visiblement pas, provoque chez elle une anxiété maximale, avec une agitation prononcée et une aggravation des symptômes.
Lors d’un parcours de soin oncologique, une complication aiguë grave peut survenir et mettre en jeu brutalement le pronostic vital. La probabilité et la prévisibilité d’un tel évènement sont variables.
Informer en amont un patient atteint d’un cancer sur les différentes complications aiguës graves pouvant survenir au cours de sa maladie, y compris les plus rares ou les plus imprévisibles, pourrait lui permettre de s’y préparer.
Cependant, une telle anticipation est susceptible d’être inutilement anxiogène, voire traumatisante, alors que le patient fait face à une situation qui l’est déjà en soi.
La question posée est de savoir s’il est indiqué de toujours avertir le patient d’éventuelles complications aiguës graves (préservation de son autonomie) sans l’effrayer ou l’alarmer inutilement (risque de malfaisance). En d’autres termes, comment préparer le patient au pire sans lui nuire ?


